Les constructeurs ? Ils façonnent leur image écolo, en attendant que cela devienne rentable de produire des voitures propres…

Publié le par Matt

Comme cela est expliqué dans la Tribune du 9 mars dernier, le dernier salon de Genève ressemblait à une bataille pour la voiture verte. Les principaux constructeurs présentaient leurs dernières innovations, laissant entrevoir ainsi un meilleur futur : biocarburant, diesel « propre », ou moyens de propulsion hybrides. Chacun semblait engagé dans cette bataille finale qui mènerait à un monde meilleur dans lequel nous pourrions conduire des voitures ne polluant pas.

 

Je crois que ça sonne trop «heroïc fantasy »… L’affrontement final n’est pas pour demain. C’est prévu dans un futur incertain, lorsque produire des voitures propres répondra à de réelles perspectives économiques (un retour sur investissement de 20% ?). Pour le moment, ce n’est pas le cas. Donc ils attendent, façonnent leur image « verte », faisant croire aux gens qu’un meilleur futur et un air respirable en ville sont pour demain quand ce n’est pas le cas.

 

En fait, il s’agit d’ARGENT et d’INTERETS. Celui qui s’en tire le mieux, c’est Toyota. Exception d’un marché atone en crise, le constructeur japonais a de l’argent à investir. Ils misent donc sur les solutions hybrides, se donnant ainsi en premier l’image de « constructeur vert ». D’autres, comme Renault, parient sur les biocarburants et tentent de réduire le coût de production de ce que pourrait être une voiture « propre ». Et DaimlerChrysler se cale sur les normes américaines avec leur gasoil « Bluetec », réduisant l’oxyde d’azote mais pas la consommation… et donc les émissions de CO2.

 

Finalement… c’est la foire. Personne ne tire dans la même direction. Et personne ne semble avoir de vraie solution. Il semblerait qu’ils se sentent plus concernés par leur image « verte » que par notre avenir. Il est décidément urgent que produire des voitures propres devienne rentable !

 

Source : “Bataille pour la voiture verte au salon de Genève”, La Tribune du 9 mars 2007

Publicité

Publié dans Articles (FR)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
 <br />  <br /> Bioéthanol – ce qu’il coûte et ce qu’il donne<br />  <br /> Il faut un peu plus d’un litre d’équivalent pétrole pour produire un litre de bioéthanol.<br />  Ces chiffres s’entendent depuis les labours jusqu’à la dernière distillation.<br /> Il faut un 1,600 litre d’éthanol pour fournir la même quantité d’énergie qu’un litre d’équivalent pétrole.<br /> Où est la bonne affaire ?<br /> Ce n’est pas parce que le monde entier déraisonne qu’on doit refuser tout effort de réflexion,  quelle que soit la position sociale ou politique.
Répondre
I
Merci pour l'information, nous irons y jeter un coup d'oeil!
Répondre
P
Pour votre information, un petit français a trouvé un procédé très propre pour faire des voitures vertes mais vertes...<br /> <br /> Il s'agit de MDI et ils ont réussi à faire un moteur qui produit de l'énergie à partir d'air comprimé.<br /> <br /> La technologie n'a intéressé aucun constructeur français, tu coup ils sont allé voir en Inde et ils ont trouvé...<br /> <br /> ...la suite chez nous ! :)<br /> <br /> • http://www.icdelocalisation.com/?p=148
Répondre
V
On parle souvent des voitures vertes en effet, faisant allusion nottement aux voitures hybrides... Prend on en compte le recyclage des batteries en fin de vie qui coute également beaucoup et qui n'est pas sans polluer ??!!
Répondre
M
Ce paradoxe n'est pas si étonnant. Une réduction des coûts va généralement de paire avec l'industrialisation d'un modèle. Si cette étude prend en compte les hybrides de chez Toyota, il ne faut pas oublier que ce sont des modèles récents avec des technologies nouvelles, tandis que les 4*4 et autres berlines à carburation traditionnelle ont une longue histoire d'industrialisation derrière eux. Ce qui finalement ramène au problème de base : ça coûte cher. A produire, et à détruire. Ce qui ne peut être résolu que par une production de masse. Qui elle même n'est pas lancée pour des raisons de business... c'est un vrai cercle vicieux, et sans volonté, les constructeurs n'en sortiront pas faute d'une contrainte économique forte (épuisement des énergies fossiles par ex).
Répondre