Vendredi 1 juin 2007

No oe e te Nunaa est un parti politique de Tahiti créé en 2003.  Sa présidente Nicole Bouteau a été une pionnière dans la sensibilisation de la population de Tahiti et ses îles au concept de développement durable.  Elle a été ministre du tourisme puis représentante à l’assemblée de la Polynésie française.  Aujourd’hui elle est candidate aux élections législatives 2007.  Madame Nicole Bouteau a signé le pacte écologique de Nicolas Hulot.  Elle nous livre ici ses réponses concernant le développement durable.

 

1) Sur le développement durable?

 "Nous avons constitué, et fait évoluer, l’organisation interne du parti de manière à mettre en application les principes du développement durable. Nous avons en particulier mis l’accent sur la transversalité de la prise de décision à travers notre Conseil fédéral, qui regroupe les référents de chaque branche du parti, des groupes programmes (culture, économie, environnement, social, institutions) aux groupes communaux, des groupes logistiques aux groupes communication, etc.

 (…) D’une manière plus générale, le développement durable est un mode de développement qui arrive à concilier une économique efficace avec une société équitable et riche culturellement, et le respect, l’exploitation mesurée des ressources environnementales (le principe de précaution et de responsabilité vis-à-vis de l’environnement).  (…)La bonne Gouvernance est aussi une des clés de la réussite du développement durable.

 (…) Le développement durable c’est aussi une série d’outils qu’il faut parfaitement maîtriser pour voir, enfin, ces principes de précaution, de transparence, de responsabilité vis-à-vis des générations futures se réaliser.  Décloisonner les obstacles entre les générations (assurer un avenir professionnel pour les jeunes qui arrivent en nombre), entre les zones géographiques (Tahiti et les Archipels), entre tous les acteurs de notre Communauté polynésienne qui œuvrent, chaque jour, à la dynamique de notre pays n’est pas une mince affaire. Mais, et j’en suis convaincue, le peuple polynésien, dans toute sa mixité, renferme en son cœur tous les ferments pour accomplir un formidable engagement « développement durable » pour notre Pays.

 Encore aujourd’hui, ce combat je le mène. Dans cette campagne des Législatives, je m’engage à travers notre profession de foi à, je cite, « inscrire dans les évolutions de notre Statut d'autonomie le Développement Durable et Équitable comme une priorité pour l'avenir de notre Fenua. Il y sera précisé qu'il constitue le préalable indispensable au soutien de tout projet crédible et structurant pour la Polynésie.». Les mesures ne s’arrêtent bien sûr pas là, tant le développement durable transverse toutes les composantes de notre société ; aussi je vous engage à consulter bien d’autres de nos engagements sur les sites Internet www.nicolebouteau.com et tamatoadoom.com.

 Le rôle d’un politique est d’agir dés aujourd’hui, avec justesse, pour des résultats concrets pour le bien-être de sa population, l’efficacité de son économie, la préservation des fragiles richesses de son environnement naturel. Mais il doit aussi voir loin afin d’appréhender les évolutions de notre société et du monde qui nous entoure. Le développement durable lui offre toutes ces opportunités. À lui de savoir les saisir, les maîtriser, les appliquer.

 

2) Les acteurs du développement durable en Polynésie française ?

 J’aurai peut-être la facilité de vous répondre « tout le monde », mais ce serait un peu rapide.  (...) Le développement durable nous apprend qu’il est illusoire de vouloir imposer des « solutions » non approuvées, non comprises car non expliquées, comme cela a malheureusement trop souvent été le cas. Si les problèmes touchent la base, c’est aussi à la base que peuvent émerger des solutions. Bien sûr, un Gouvernement, une Commune, qui appliquerait des principes de développement durable a des ressources et des moyens considérables, une vision d’ensemble, qu’il doit mettre à profiter pour soutenir, en tant que partenaire du développement, des projets structurés, cohérents et promoteurs de solutions durables. Nous devons décider ensemble de notre futur.

 Outre des acteurs comme le Conseil Économique Social et Culturel (représentation de la société civile) et l’Assemblée de Polynésie française, madame Bouteau propose la création de :

- un Parlement des jeunes du Pacifique (…)

- un Conseils des Archipels comme Institutions statutaires et de faire appel aux instances européennes et à la coopération internationale pour mettre en place un « Schéma Global de Développement » en faveur de nos Archipels.

- Un « Comité Polynésien du développement durable  pour jouer un rôle pilote au sein de notre Région en se connectant à des structures équivalentes dans les autres Pays du Pacifique (… )»

 (…) Il n’y a pas de solution « miracle », applicable partout et efficace dans toutes les situations. Des initiatives peuvent venir de tous les niveaux de la société. L’important ici est plus la méthode (transparence, concertation, principes de sécurité, décloisonnement, décentralisation, etc.) que les moyens.

 

3) Les actions à mener en tant que Député à l’Assemblée ?

 Soyons clairs, le rôle du Député ne consiste pas à aller quémander des financements auprès du gouvernement central…Le rôle du Député consiste à voter des lois. C'est donc par le soutien de projets de lois et d'amendements que le Député s'exprime en qualité de représentant de toute la population polynésienne.

 J’ai déjà eu l’occasion dans mes deux précédentes réponses d’énumérer un certain nombre de mesures de fond que les Députés No Oe E Te Nunaa s’engagent à porter auprès de la représentation nationale.

 (…) Les députés No Oe E Te Nunaa porteront ainsi en priorité devant la représentation nationale un plan « Énergie Renouvelable » majeur".

 

Tamatoa Doom est membre du parti No Oe e Te Nunaa et candidat à la députation dans la cirsconcription ouest. J’espère pouvoir obtenir les réponses d’autres candidats à la députation. Le site internet du parti No Oe e Te Nunaa fourni des informations supplémentaires sur le développement durable.

par Roland publié dans : Articles (FR)
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Commentaires

Je crois qu'il faut tordre le cou une fois pour toute au principe absurde de précaution.
C'est un sophisme grotesque.
Il ne peut y avoir de "principe" de précaution qui ait un effet seulement positif.
En effet, pour toute action, si l'on ne peut prévoir son effet, on ne sait si il sera positif ou négatif. Elle peut détruire des millions de personnes comme elle peut en sauver des millions.
Appliquer ce principe c'est aussi bien sauver des millions de personnes d'une éventuelle catastrophe que condamner des millions d'autres en les privant d'une application bénéfique.
D'autre part si l'on raisonne, étant donné qu'il est possible que le principe de précaution ait un résultat négatif, il faut alors le supprimer. Donc par précaution il faut supprimer le principe de précaution.

La précaution est un choix, celui de l'immobilisme ou du mouvement très très lent.
 Le "principe de précaution" est une absurdité intellectuelle pour esprits faibles incapables de raisonner et étanches à la logique la plus élémentaire.
Ou bien c'est une nouvelle source de pouvoir, pour manipuler les gogos zélés.
commentaire n° : 1 posté par : wakrap le: 07/06/2007 03:55:50
Bonjour Wak,

Finalement, tu as pris ton courage à 2 mains pour passer sur le blog.  Et tu as toujours l\\\'art de la polémique.  Prenons l\\\'exemple du haut commissariat qui vient de mettre en place par mesure de précaution le système de sirène pour prévenir les population d\\\'une éventuelle menace catastrophioque (Tsunami).  C\\\'est un pricipe de précaution qui peut effectivement sauver des vies.  Explique moi comment le fait de supprimer ce principe absurde de précaution (selon tes dires) pourrait avoir une application bénéfique pour la population.
commentaire n° : 2 posté par : Roland le: 07/06/2007 16:08:12
Justement, dans ce cas il ne s'agit en rien de précaution mais de prévention. Le risque est défini et connu.
Et c'est toute la différence entre la prévention qui a toujours existé, on prend des mesures pour se préserver de risques connu, et le principe de précaution qui concerne des risques imaginaires, inconnus, non définis.
Quand les politiques nous disent qu'ils mettent des sirènes anti tsunami suivant le principe de précaution, ils se foutent de notre gueule, ou plutôt je pense qu'ils sont crétins et ne savent pas ce qu'ils disent.
C'est cette erreur sur le sens des mots qui fait que le monde se rit de nous et que notre constitution est devenue pitoyable.
commentaire n° : 3 posté par : wakrap le: 07/06/2007 21:37:37

Clamer que le principe de précaution est un "sophisme grotesque" frise effectivement le "grotesque". Surtout quand cette affirmation se base sur une réduction logique simpliste.


En passant, même si le principe de précaution était réductible à une simple question de logique, ce genre de contradiction "X existe ... donc X n'existe pas" se pose pour des problèmes mathématiques très sérieux et qui n'ont rien de "grotesque".


bref, je ne suis pas un défenseur du principe de précaution et je suis tout à fait prêt à admettre que celui-ci soit inutile mais des études scientifiques très sérieuses ont été faites à ce sujet (voir Treich et Gollier)... et ça dépasse de loin le sophisme.


 


 


 

commentaire n° : 4 posté par : Rom. le: 07/06/2007 22:17:42
Bonjour,Rom

Et pourtant la notion de "principe" est simpliste au sens où tu utilises ce mot.
C\\\'est à dire que cela s\\\'applique systématiquement puisque c\\\'est inscrit dans la loi.
C\\\'est là l\\\'absurdité logique et crétine de cette loi et de ce "principe"
Fait de la précaution le fruit d\\\'une décision circonstanciée, raisonnée au cas par cas, et c\\\'est alors défendable du point de vue logique.

Erige la précaution en "principe" imposé par la loi et c\\\'est absurde. C\\\'est un sophisme, une erreur de raisonnement et rien d\\\'autre.
Malheureusement le domaine de l\\\'action humaine (dont l\\\'économie) est rempli de sophismes aussi absurdes les uns que les autres.
Beaucoup ont été décrits il y a 150 ans par Frédéric BASTIAT.
C\\\'est une mine d\\\'or inépuisable qui ridiculise à chaque instant nos pauvres décideurs à l\\\'esprit si faible.
par exemple :http://bastiat.org/fr/metaphores.html

D\\\'autre part je vois que tu ne nies pas qu\\\'il s\\\'agit d\\\'une erreur de raisonnement. J\\\'en prend acte.
Mais aussi que tu es absurde dans ton argumentaire : en effet si la "précaution ne se résume pas à une simple question de logique" (je te cite), alors justement elle ne doit en rien faire l\\\'objet d\\\'un principe absolu et être rédigée en loi et encore moins dans le marbre constitutionnel.
commentaire n° : 5 posté par : wakrap le: 08/06/2007 00:12:00
Un bon article de l'institut Molinari qui élargit le débat:
www.institutmolinari.org/pubs/note20051fr.pdf


Le principe de précaution ne tient le décompte que des effets négatifs imputables aux idées nouvelles, mais n'accorde aucune attention aux avantages potentiels. Ceux-ci ne comptent pas. Et il passe totalement sous silence les coûts associés au maintien d'un statu quo. Il n'accorde aucune valeur à la découverte ou à l'apprentissage, autant comme processus d'évolution sociale que comme instruments de satisfaction personnelle. Dès lors les dés son jetés. Les processus de marché ne pourront jamais satisfaire aux exigences du principe de précaution puisque l'incertitude est constitutive de leur essence même. Par construction le principe de précaution conduit à jeter l'anathème sur les processus de marché. (Virginia Postrel)
commentaire n° : 6 posté par : wakrap le: 08/06/2007 00:30:09

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