Ça va faire quelques mois que nous avons commencé ce blog, et je m’interroge aujourd’hui sur notre incidence. Personnellement, je ne consomme toujours pas durable, je fais partie de la génération kleenex (prend et jette) non-recyclable. Entre vous et moi, je suis fumeuse en plus, no comment… Mais pour plus d’infos : http://www.poumonsdutabac.comJe décide donc de faire un supermarché bio. Ce n’est pas une mince affaire, il y a quelques semaines, je commence des petites économies, pour accessoirement pouvoir m’alimenter pendant ma semaine du bien être citoyen.
On touche le point qui m’irrite le plus dans la sphère de la consommation politiquement correcte, sa constante assimilation avec le geste citoyen. On n’est plus dans la dichotomie, bio citoyen versus citoyen toxique, c’est plus simple : bio citoyen ou rien.
Mais cette journée est particulière, je deviens citoyenne. En rentrant, je passe devant les traiteurs chinois, où chaque enseigne est un poème, mais qu’on accuse de cusiner à base de chien, ça m’avait toujours ravie jusqu'à présent, mais c’est incontestablement pas bio
Je vais chez mon épicier, qui jusqu'à présent a su combler chacun de mes désirs gastronomiques et spiritueux (pour plus d’infos : http://vin-spirit-ie.blogspot.com), et je lui demande s’il vend des produits biologiques, le petit monsieur me répond « Mzelle, on est arabe nous, pas bio », no comment…
Petit récapitulatif ; si tu es arabe tu es pas bio, si t’es asiatique t ‘es pas bio non plus.
Je retourne à mon QG, consciente qu’une petite investigation complémentaire est nécessaire. Après quelques recherches : l’enseigne la plus présente sur la capitale est Naturalia (30 enseignes sur l’île de France, et nulle part ailleurs). Tu es citoyen si tu es in the City, depuis les Grecs des cacahouètes…
Dans Paris, l’enseigne vise plutôt les quartiers à forte concentration de bobo, les petits arrondissements du centre et de manière générale principalement rive-droite. Tu es citoyens si tu es riche, on a décidément rien inventé.
Arrivée dans le magasin, tous ces produits ont quelque chose en commun. L’esthétisme minimaliste soviétique, qui caractéris
e l’impertinence de celui qui sait avoir raison, qui ne s’embarrasse pas de fioritures. Rien de très appétissant, mais pour l’expérience, je fais mon choix et deux changements de métro plus tard je suis chez moi. Je me sens un peu bizarre, comme complexée. J’aime bien les jolis emballages, même en cartons, je préfère faire mes courses en bas de chez moi et ne pas prendre le métro. Mais surtout j aime consommer pour le plaisir que ça suscite et non pas la satisfaction morale de faire un geste citoyens.
Je sais pas si la consommation citoyenne améliore les conditions de vie des consommateurs, mais elle réussi à faire culpabiliser ceux qui ont des envies plus superficielles…
La prochaine fois que je vois quelqu’un dans le métro avec des sacs Naturalia qui ne laisse pas sa place a une personne âgée, peut être même que ça me fera sourire.
Commentaires
Soit... mais le fait de "consommer éthique" n'aura un impact qu'à partir du moment où assez de gens le feront. Si ça reste toujours difficile afin de susciter un "sentiment de fierté", la démarche restera complètement inefficace. Son seul intérêt sera peut-être de satisfaire l'égo de certains.... assez pitoyable.
commentaire n° : 2
posté par :
Rom.
(site web)
le: 07/03/2007 14:55:12
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Il faut que ce soit un choix... délibéré... difficile... « coûteux ».
Il faut pouvoir en ressentir de la fierté et/ou un sentiment de supériorité.
Finalement les pros de la consommation éthique utilisent peut-être des méthodes marketing éthique... ou pas et font naître des sentiments chez les gens éthiques... ou pas.