Mercredi 14 février 2007

Le développement durable, c’est harmoniser notre mode de vie avec la protection de l’environnement.  C’est aussi faire reculer la pauvreté dans le monde.  Selon le site interministériel sur les OGM, les plantes génétiquement modifiées permettraient d'éviter ou de réduire l'apport de pesticides, et donc de limiter la consommation des produits chimiques en agriculture.  Les OGM permettraient également de développer l’agriculture dans des conditions de sécheresse ou de salinité plus forte.  Les OGM peuvent participer à faire reculer la pauvreté.   Les 2 candidats a la présidentielle française ont des positions presque identiques sur leur utilisation sur le sol français.  L’un « la France doit se réserver la possibilité, plus tard, lorsque les conditions de sécurité seront pleinement remplies, de s’engager dans leur culture », l’autre « Nous arrêterons les OGM en plein champ ».  Tous les deux s’accordent pour que les recherches scientifiques sur les OGM se poursuivent.

 
En attendant, le rapport du Conseil de l'emploi de 2004, rappelle qu’il y aurait 2 millions d’enfants pauvres en France.  Ce nombre ne comprend pas les sans abris.  Leur accès à une eau potable reste celle du robinet.  Pas de bol.  L’affaire Cristalline remet en cause la qualité de l’eau du robinet après quelques mois du lancement du Plan Végétal destiné à réduire l’impact de l’agriculture sur la pollution des sols.  Les OGM semble être une solution durable pour protéger les sols, améliorer la productivité des cultures pour un développement durable.  Le développement durable, c’est aussi faire reculer la pauvreté.  Il semble donc que les études du corps de chercheurs scientifiques sur les OGM vont être déterminantes pour le développement durable.  La Chine l’Inde et l’Indonésie rassemblent à elles seules 2,5 milliard de la population mondiale dont une grande majorité vit en dessous du seuil de pauvreté.  Leurs besoins en matières énergétique et alimentaire vont croissant et risquent bien de peser dans la balance en faveur de la culture de plantes génétiquement modifiées.  L’administration américaine pèse de tout son poids pour faire passer son régime d’OGM dans la cuisine française et dans l’assiette européenne.  L’Organisation Mondiale du Commerce doit prochainement donner sa décision finale sur la question.

Va'a

Mercredi 14 février 2007
Monsanto est une des multinationales américaines les plus importantes. Elle fournit aux agriculteurs partout dans le monde des semences (génétiquement modifiées ou non) ainsi que des herbicides capables d'accroître très fortement la productivité des cultures. Evidemment, comme toute multinationale qui se respecte, Monsanto est "extrêmement soucieuse" des questions environnementales et fait tout ce qui est en son pouvoir pour protéger mère nature.


                     La publicité...

Une telle politique de développement durable est d'autant plus importante que l'entreprise intervient sur des sujets extrêmement controversés, à savoir les OGM et les pesticides. Bref, si vous vous rendez sur son site internet français (ou autres), vous aurez le bonheur d'y trouver une catégorie "Monsanto et l'envrionnement" et je vous laisse vous balader dans les différentes sous-catégories pour découvrir toutes les bonnes actions que cette entreprise responsable a pu entreprendre.

Cela dit, j'ai été assez surpris de ne pas trouver dans cette catégorie "Monsanto et l'environnement", un chapitre sur les pollutions chimiques. En effet, comble de l'ironie, The Guardian révélait il y a quelque jours que Monsanto était très sûrement responsable de la pollution chimique de la carrière de Brofiscin en Angleterre. Soixante-sept substances chimiques y ont été repertoriées dont des dérivés de l'Agent Orange (une arme chimique employée par les Etats-Unis au Vietnam) et des PCB. Cette pollution a atteint un tel point que l'agence de l'environnement britannique a lancé une enquête officielle et dépensé plus de 800 000 livres pour déterminer la nature précise des produits présents dans cette campagne anglaise. On apprend même que le ruisseau qui traverse la région vire au orange lorsqu'il pleut!
 La réalité...         

Attention, ça ne s'arrête pas là. Un rapport fait par des experts de Monsanto en 1968 indique qu'ils étaient tout à fait au courant de la pollution engendrée par les PCB. On y lirait notamment (selon le Monde) que: "les pressions publiques et légales visant à élminier et prévenir la contamination sont invévitables. Nous ne pourrons probablement pas les enrayger. Nous pouvons ne rien dire et ne rien faire; créer un écran de fumée; fermer immédiatement l'usine; réagir de façon responsable [et] admettre les preuves de la contamination environnementale".

Je vous laisse deviner laquelle des optitons mentionnées par le rapport a finalement été adoptée...


Source: Le Monde, édition du 12 février 2007
The Guardian, February 12, 2007
Mardi 13 février 2007
Ford a choisi de fuir ses responsabilités en matière d’émission de gaz à effet de serre, et par conséquent celles de contributeur, au même titre que tous les constructeurs automobiles, au réchauffement climatique.

Ceci ressort d’une page de leur site institutionnel (ici) dédiée à une série de conseils pour mieux conduire. Enfin… pour conduire de manière « écologique » et ainsi contribuer à réduire les émissions de CO2.

Le problème est que le consommateur lambda n’est pas responsable de ce qui sort de son pot d’échappement. Les véhicules dont nous disposons en tant qu’automobilistes utilisent une propulsion nécessitant de l’essence ou du gasoil, sans exception, et la disponibilité de modèles non polluants n’est pas d’actualité. Les constructeurs n’ont proposé jusqu’à maintenant que des modèles polluants. Ford ne déroge pas à la règle.

Le constructeur américain devrait donc assumer ses responsabilités. Au lieu de quoi il choisit de faire culpabiliser l’automobiliste. Qui pourrait être contre mieux conduire pour moins polluer ? Le fait est que ces quelques lignes n’ont de l’innocence et la bonne intention que l’apparence : elles placent l’automobiliste dans une position totalement inconfortable, celle de la culpabilité.


Mustang GT, monstre de puissance et gouffre à essence


La personne qui parcourt cette page se dit : « Je devrais mieux conduire, car ma conduite actuelle fait que je contribue aux émissions de CO2. Je suis responsable. » On ne se pose alors pas la question essentielle : qui est réellement responsable de ce qui sort du pot ? Les constructeurs…


Ces quelques lignes ont donc une réelle force manipulatrice, détournant l’attention sur l’automobiliste coupable. L’effet est simple mais radical : au lieu de regarder le constructeur, on regarde le consommateur. Ne soyons pas dupes, gardons l’oeil sur Ford et consorts!
Dimanche 11 février 2007

Le projet de règlement REACH (enRegistrement, Evaluation et Autorisation des substances Chimiques) a été adopté par le Parlement Européen le 13 décembre 2006.
Ce projet fait suite à la mise en évidence des limites apportées par les instruments réglementaires en vigueur concernant le retraitement des produits chimiques.

Le trafic de déchets toxique reste juteux (il coûte environ 10 fois moins cher d’exporter les déchets que de les traiter. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement 300 millions de tonnes de déchets toxiques sont produits annuellement par les pays industrialisés, et comme on peut l’imaginer, ils transitent majoritairement du Nord vers le Sud. Selon l’Environment Agency, l’Inde seule recyclerait plus de 1 million de tonnes de déchets toxiques par an. Cette donnée, mise en perceptive avec l’estimation des ventes annuelles moyenne de l’industrie chimique qui s’élèverait à hauteur de 586 milliards d’euros, explique les moyens mis en œuvre par l’industrie pour protéger son affaire.

Voilà dans quelle environnement la commission européenne tente depuis 1991 (présentation du livre blanc qui débouchera sur le texte de loi) de réglementer ce secteur d’activité. Les acteurs les plus actifs dans ce domaine sont les Allemands qui ont l’industrie chimique la plus importante.

L’industrie chimique s’est donc mise en action. En 2001, Alan Perroy, directeur général du conseil européen de l’industrie chimique (Cefic) écrivit « Il y a peu de preuves directes de la dégradation générale de la santé publique ou de dommages causés aux écosystèmes qui seraient dûs  à l’utilisation de substance chimique de synthèse ». Cette stratégie de  discrédit de l’argumentaire de la partie opposée sera abandonnée devant la démultiplication des preuves inverses. Puis ont été utilisées les incidences sur l’emploi. Selon une étude du bureau Arthur D. Little, en décembre 2002, financée par la confédération de l’industrie allemande, REACH devait entraîner la perte de 2.3 millions d’emplois en Allemagne, principalement dans les PME. Mais il est apparu que les PME ne produisent que très peu de substances chimiques (0,09% des PME répertoriées produisent des substances chimiques), selon le German Advisory Council of the Envirronment, 2003 :  On the economic impact of the planned reform of the Euopean chemical policy.

Si ces stratgies ont echouées comment s’explique t-on les difficultés normatives au niveau européen ?

Plusieurs anciens cadres supérieurs des institutions européennes sont partis travailler pour les lobbys de l’industrie expliquant leur facilité d’écoute dans les institutions.

-    Jean-Paul Mingasson, actif dans le lobbying contre REACH, été directeur général de la Direction Générale des Entreprises et Industrie de la commission européenne.

-    Lena Perenis aujourd’hui au Cefic a travaillé pendant 6 ans au département des substances chimiques de la Direction Générale des Entreprises et Industrie.

-    Uta Jensen-Korte après 14 ans chez Bayer AG (entreprise chimique), puis 7 ans au Cefic, elle travaille aujourd’hui pour l’unité REACH de la toujours Direction Générale Entreprises et Industrie.

-    Ralf Burgstahler, qui de la BASF (leader mondial de l’industrie chimique) passe à la Direction Générale Entreprise et Industrie est aujourd’hui au ministère de l’économie allemand où il est en charge de REACH.


On retrouve la BASF, dans le scandale politico-fianancier allemand. En effet, la BASF détient 24% de la North-European Gas Pipeliner ou Gerhard Schroder a été placé président.

L’influence des acteurs institutionnels sur la réglementation REACH au prochain épisode…

Vendredi 9 février 2007

Le Groupe des experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) vient de faire paraître ses conclusions sur le Climat.  Les puissances mondiales vont pouvoir s’en inspirer pour mieux centrer leur politique de développement durable, de maitrise d’énergie, de changement de comportement de consommation.  Une partie du rapport du GIEC table sur une élévation du niveau de la mer de 18 à 59 cm d’ici 2100.  Aux antipodes de la formule française « la maison brûle toujours », se trouve la formule pacifique des « iles qui coulent ».  En effet des centaines d’iles de l’Océanie (les iles kiribasses, les atolls autour de Tahiti et de Bora Bora…) vont à terme se retrouver sous le niveau de la mer.  En Polynésie Française, les présidents de gouvernement successifs Gaston Flosse et Oscar Temaru n’ont pas élaboré de stratégie claire concernant ce problème.  Le dernier président élu, Gaston Tong Sang n’a pas encore donné de directives précises sur sa stratégie de développement durable liée particulièrement aux consequences de la montée du niveau de la mer.  L’Atoll de Makemo sera doté dans les prochaines semaines de 2 éoliennes.  L’Atoll anticipera certainement la construction de ses 2 prochaines éoliennes en surélevant leurs fondations de quelques centimètres.  Mais alors, qui restera sur l’atoll pour profiter de l’énergie produite quand l’atoll sera submergé par la mer ?  Les tortues, les poissons et les langoustes seront certainement les futurs habitants privilégiés des ces lieux.

 Nouvellement constituée, la Fédération environnement durable (FED), basée à Rouillé (Vienne) dénonce l'hégémonie de l'éolien industriel au détriment d'autres énergies renouvelables nettement plus efficaces (solaire et biocarburant pour les iles du pacifique).  La FED trouve là un cas supplémentaire à analyser pour le faire valoir en menant des actions dans le cadre légal.  Un Rapport STERN à la ‘pacifique way’ permettrait de chiffrer le cout de l’inaction dans la région de l’Océanie.  En attendant, le Forum des iles du pacifique recevra certainement son invitation pour participer au cercle des « amis » de l’Organisation des Nations unies pour l'environnement (ONUE) tout juste créé.

Va’a

Mercredi 7 février 2007
Pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'entendre parler de l'opération "5 minutes pour la planète" (et qui n'ont donc pas pu saisir mon splendide jeu de mots), voici un petit récapitulatif des faits. Le premier février dernier, l'association "l'alliance pour la planète" (un groupement d'associations environnementales) lançait une magnifique opération baptisée "5 minutes de répit pour la planète". Celle-ci se voulait un appel à tous les citoyens pour éteindre leurs appareils électriques entre 19h55 et 20h00. Voici ce que les ONGs nous disent sur le but de cette opération: "Il ne s’agit pas d’économiser 5 minutes d’électricité uniquement ce jour-là, mais d’attirer l’attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d’énergie et l’urgence de passer à l’action !".

Bilan des faits: la consommation électrique a brusquement chuté de 1% à 19h55, ce qui correspond environ à 800MW, soit la consommation de la ville de Marseille. De nombreuses villes ont suivi l'appel, comme Paris qui a éteint la Tour Eiffel et quelques autres bâtiments municipaux. D'autres villes en Belgique auraient même participées à l'opération. Bref, celle-ci fût certainement un grand succès pour les ONGs en question.

Où est le problème me direz-vous? Ceux qui ont suivi ma saga sur les éoliennes se doutent peut-être déjà de la réponse... Comme vous le savez tous, la quasi-totalité de l'électricté française est produite par des centrales nucléaires (qui, au passage, ne polluent pas). La RTE a du baisser le régime de celles-ci pour pouvoir compenser la chute brutale de la consommation électrique. Bien sûr, quand la consommation est repartie 5 minutes plus tard, il a fallu remonter le régime des centrales.
            Content? pollueur!             

Mais voilà le problème... on ne change pas le régime de production d'une centrale
nucléaire aussi rapidement que ça. Du coup comment fait-on pour compenser une remontée subite de la consommation électrique? On fait appel à des centrales thermiques qui elles polluent... énormément! Eh oui, l'opération "5 minutes de répit" fut effectivement, comme le disent les ONGs, un acte symbolique. Un beau symbole d'inefficacité et de discours contre-productifs....

Source: RTE , L'alliance pour la planète
Dimanche 4 février 2007

J’ai trouvé quelques données intéressantes dans une étude récente publiée par la Fédération Européenne pour le Transport et l’Environnement. Cette étude, « How clean is your car brand ? », présente les efforts faits par les constructeurs pour réduire les émissions de CO2. Mais ce n’est pas la manière la plus intéressante d’exploiter ce genre de données. Leur classement est basé sur une comparaison entre un niveau moyen d’émission de CO2 en g/km à atteindre et le niveau moyen effectivement atteint. Cela montre effectivement les efforts faits. Mais cela ne montre pas qui continue à polluer le plus.

 

C’est pourquoi j’ai décidé de trier les données par niveau moyen d’émission de CO2 en g/km en 2005 afin d’obtenir un classement des meilleurs pollueurs. Nous comparerons cela à leur communication « verte ». Voici les résultats !

 

Ranking

Brand

1997 average CO2 emissions in g/km

2005 average CO2 emissions in g/km

Evolution

1

Volvo

219

195

-24

2

BMW

216

192

-24

3

Mercedes-Benz

223

185

-38

4

Audi

190

177

-13

5

Mazda

186

177

-9

6

Nissan

177

172

-5

7

Kia

202

170

-32

8

Hyundai

189

170

-19

9

Honda

184

166

-18

10

Suzuki

169

165

-4

11

Toyota

189

163

-26

12

Volkswagen

170

159

-11

13

Opel/Vauxhall

180

156

-24

14

Skoda

165

152

-13

15

Ford

180

151

-29

16

Peugeot

177

151

-26

17

Seat

158

150

-8

18

Renault

173

149

-24

19

Citroën

172

144

-28

20

Fiat

169

139

-30

 

 

Médaille de bronze : Mercedes-Benz! En dépit des plus gros efforts réalisés parmi les constructeurs classés pour réduire les émissions, la marque n’a pas réussi à éviter le podium. Avec une émission moyenne de 185g de CO2 par km, ils se maintiennent parmi les meilleurs pollueurs.
Mais le constructeur n’a pas de communication « verte ». Il semblerait qu’ils travaillent sérieusement. Pas de blanchiment environnemental caractérisé !

 

Médaille d’argent : BMW! Une autre marque allemande sur le podium. La compagnie basée à Munich vend moins de voitures que Mercedes-Benz mais pollue un peu plus ! Cela leur permet d’atteindre la deuxième place.
Mais leur communication concernant les émissions de CO2 est transparente. On peut télécharger sur leur site institutionnel les niveaux d’émissions par voiture. Pas de blanchiment environnemental !

 

Et le vainqueur est... Volvo! Avec 195g de CO2 par kilomètre, la compétition a été rude avec BMW mais ils ont finalement réussi à accrocher la meilleure place.
Sur leur site Web, vous pouvez visiter la page consacrée à l’environnement (ici). C’est assez intéressant... La première chose que l’on peur lire est : « RESPIREZ A FOND ! », le tout agrémenté de fleurs et de papillons… Voilà un cas de blanchiment environnemental ! Il est évident qu’ils essaient de faire croire au consommateur qu’il achète une voiture propre qui ne pollue pas… ce qui est faux ! Le site laisse penser que les résultats des recherches menées par le constructeur sont intégrés aux voitures vendues, ce qui n’a pour but que de duper le client.

 

Tous les constructeurs disent travailler sur des solutions de propulsion « propres », mais ils continuent de produire et de vendre des voitures polluantes. Le secteur des transports est pourtant l'un des principaux contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre favorisant le réchauffement climatique. Au delà du ton léger de ces quelques lignes se trouve un réel problème qui est de savoir dans quel monde nous voulons vivre dans les années qui viennent. Si nous voulons limiter les dégâts, nous devons être proactifs. Pour cela, il faut savoir de quoi on parle. Et pour le coup, on parle de moyens de transports polluants. Ca ne sert à rien d'applaudir les réductions de CO2 quand on continue à en émettre des tonnes.


Maintenant, grâce à Illusion Durable, vous êtes « aware » pour votre futur achat !

 

Source : How clean is your car brand?

Dimanche 4 février 2007

Qui est Christopher C. Horner? Avocat à Washington D.C., il participe à de nombreuses émissions ou il intervient sur des domaines très variés. Si ce nom nous est aujourd’hui familier, c’est qu’il est l’auteur du « Le Guide politiquement Incorrect du réchauffement climatique et de l’environnementalisme ».


 Son article publié dans Washington Times, le 2 février 2007, intitulé « Kyoto Hypocrisies », est une réaction au discours du State of the Union de G. W. Bush, dans lequel le président par une brève référence au réchauffement climatique, met le doigt sur des pressions de plus en plus fortes pour que les Etats-Unis s’alignent sur les engagements de Kyoto.


Pour notre juriste, le meilleur moyen d’agir sur le CO2 est d’augmenter la croissance du pays. Pour appuyer sa réflexion, il prend l’exemple européen. Il montre  que l’engagement de Kyoto n’a en rien permis de diminuer les émissions de CO2. Selon lui, l’Europe des 15 aurait une augmentation d’émissions de CO2 cinq fois supérieure aux Etats-Unis. Il appuie son argumentation sur la révision périodique à la hausse des émissions de l’année de référence sur laquelle sont calculés les droits « à polluer » pour les années suivantes. http://www.cei.org/pdf/5693.pdf

                                                     
De l’autre coté de l’Atlantique, des voix se lèvent pour décrédibiliser les interventions scientifiques de cet avocat. En 2005, Cristina Narbona, la ministre socialiste espagnole de l’environnement faisait référence à Horner comme « un diable »  après ses démonstrations de l’échec européen face au protocole de Kyoto, qu’il conseillait en conclusion d’abandonner. De plus, un article publié sur Indymedia, présente Christopher Horner comme l’un des principaux activiste d’un lobby « anti-Kyoto », qui aurait une branche à Bruxelles, le « European Entreprise Institute » dans lequel il est directeur du conseil des relations et politiques extérieures.


Il est intriguant de voir que dans sa biographie sur ce site, il n’est pas présenté comme un juriste mais comme un « expert climatologue ». Il apparaît que la « European Entreprise Institute » n’est autre que la petite sœur de l’ « American Competitive Entreprise Institute », cette dernière affichant clairement son refus de limiter la production américaine pour lutter contre le réchauffement climatique.


Christopher Horner... est un avocat de la défense à Washington où il soutient les intérêts économiques américains.

Jeudi 1 février 2007
Le développement durable se lance dans les îles du Pacifique. Le gouvernement de la Polynésie française vient de créer une société d'économie mixte pour pourvoir l'atoll de Makemo d'un parc d'éoliennes dés le mois de mars 2007. Ces éoliennes ressembleront à des étoiles dans le ciel.  L'objectif de ce parc est de fournir 70% d'énergie renouvelable dans les îles de cet archipel non alimentée par l'entreprise Electricité De Tahiti. Ces atolls envahis par les cocotiers, perdus au milieu de l'océan sont baignés par le soleil. La nuit, loin de la frénésie nocturne des grandes villes, il y a peu de lumières.

Les quelques centaines d'habitants vont certainement se demander si ces nouvelles étoiles seront plus efficaces que l'énergie photovoltaïque encore peu développée. Ces iliens sont navigateurs pécheurs, producteurs de perles noires. Ils ont aussi une autre ressource qu'ils exploitent : le coprah. A l'aube, les embarcations à moteur se dirigent vers les ilots pour récupérer des tonnes de coco. Le coprah (la pulpe de coco séché par soleil) est alors récupéré par les goélettes pour être vendu aux entreprises de cosmétique. Le coprah pressé est pourtant un biocarburant efficace. Les embarcations de ces iliens est le moyen de transport le plus utilisé : passer d'une ile à l'autre (rencontrer le médecin, voyager vers Tahiti par Avion, transporter les enfants à l'école). Ces énergies (photovoltaïque et biocarburant) dispensées par la nature, ne sont pas encore complètement exploitées pour le bénéfice des habitants de ces iles perdues dans l'océan pacifique. Mais il est vrai que ces éoliennes (ces cocotiers technologiques importés) vont aussi finalement servir une cause supplémentaire: être un phare lumineux pour guider les pécheurs et les marins en perdition. A moins que c'est une nouvelle manière pédagogique de réapprendre aux enfants des iles à voyager la lumière des étoiles (électriques ?).

 
Va'a.

Source : tahitipresse.fr du 230107

Mercredi 31 janvier 2007
Les débats qui eurent lieu récemment à la ville de Paris illustrent parfaitement les contradictions qui peuvent exister entre les voeux pieux de certains politiques et les réalités économiques auxquelles ils se confrontent.

Pour rappel, la France s'est fixé comme objectif de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2050. Avec 11 millions de tonnes par an, la ville de Paris représente à elle seule 7% des émissions nationales. M. Yves Contassot, adjoint chargé à l'environnement de la ville de Paris nous prévient alors ""qu'il faudra un effort gigantesque de la part de Paris pour atteindre cet objectif".
               
Malheureusement, sur ces 11 millions de tonnes de GES, 4.4 millions sont dues aux activités touristiques de la ville! Bien sûr, M. Contassot s'insurge et déclare "qu'on ne peut pas continuer comme ça". Les Verts de proposer une solution miracle: développer un système de vidéo-conférence pour éviter que les dirigeants d'entreprises ne se rendent à Paris pour leurs affaires... ça se passe de commentaire.

          Paris... avec tourisme

Quoi qu'il en soit, les turpitudes de M. Contassot semblent ne pas avoir eu beaucoup d'écho au sein de l'exécutif de la Ville puisque Jean Bernard Bros (adjoint chargé du tourisme à la ville de Paris) et Anne Hidalgo (première adjointe de Bertrand Delanoë) s'y sont opposés. Ils devaient sûrement avoir en tête les chiffres du tourisme à Paris: 11% des emplois de la ville sont liés au tourisme, 27 millions d'euros par an de taxes de séjour sont versés à la ville et 50% du tourisme correspond à du tourisme d'affaires.
                                                                                              Paris... sans tourisme!     

Bref, comme je le disais en début de cet article, la logique du tourisme et du développement durable ne font pas bon ménage. Il est toujours amusant de voir des politiques s'insurger contre la pollution tout en proposant des solutions en contradiction totale avec les intérêts fondamentaux des citoyens. Il est évident qu'un tel décalage ne peut qu'aboutir à des solutions irréalisables, aussi urgentes soient-elles...


Source: Le Monde, édition du 26.01.07

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